"Ce n'est pas agréable pour lui, mais Vincent Peillon a enduré samedi ce qu'il en coûte de vouloir oublier et enterrer un peu trop vite Ségolène Royal"
désirs d'avenir des Albères
désirs d'avenir, association
2005 Objet : « Réfléchir à la situation sociale, politique et économique en France, en Europe et dans le monde et contribuer,
notamment par ses propositions, à son amélioration dans un esprit de justice sociale ».
Mercredi 11 novembre 2009
De la propagande moderne... par E.R. Voici un texte que j'ai écrit hier soir concernant la propagande moderne. Je vous laisse
juge de son contenu.…ou comment les médias de masse se foutent de nous.
D’UN CERTAIN DÉVOIEMENT DES MEDIAS
Chacun le constate chaque jour, le traitement de l’actualité par les médias se dirige vers une partialité dommageable. La presse et la télévision nous invitent à penser comme ils l’entendent
(souvent mal ?). Loin de moi tout penchant paranoïaque, ou toute volonté de condamner en bloc « les médias », si ce n’est par facilité de langage. Il s’agit bien au contraire de dénoncer ici une
certaine tendance des médias à glisser vers des travers qui les éloignent de leur rôle d’information, d’analyse et de contre-pouvoir.
Dans La Fabrication du consentement (1988), Edward Herman et Noam Chomsky établissent un recensement des critères qui fondent selon eux le « modèle de propagande » en vogue aux États-Unis par le
biais notamment des mass media. Parmi ces critères, on trouve notamment :
1- Le recours à des statistiques ou des sondages biaisés.
2- La falsification de l'image.
3- L’auto-censure des rédactions (quand il ne s’agit pas de censure directe).
4- Les campagnes de diabolisations.
Cela ne vous évoque-t-il rien ? Quelques exemples pour vous éclaircir la vue si tel n’était pas le cas :
1- Recours à des statistiques ou sondages biaisés :
L’affaire des sondages commandés par l’Elysée, les nombreux sondages aux questions biaisées (relisez ceux qui ont eu lieu pendant la campagne présidentielle de 2007 notamment), les sondages sans
aucun sens (pourquoi par exemple proposer DSK
dans un sondage sur 2012 alors même qu’il a affirmé vouloir faire son mandat au FMI en entier, et que ce mandat se termine
justement en 2012, APRÈS la présidentielle ? pourquoi monter en épingle la popularité de DSK alors même que tous savent très bien qu’il est surtout soutenu par les sympathisants de droite ?)…
Tout ça ne vous dit rien ?
2- Falsification de l’image :
Les bourrelets de Sarkozy qui disparaissent, la bague de Dati qui s’évapore, le garde du corps qui accompagne Sarkozy et le Pape dont il ne reste plus qu’une jambe, Sarkozy qui fait la même
taille que Bush sur une photo, alors que l’ex-président américain mesure plus de 1m80,… Tout ça ne vous dit rien ?
3- Auto-censure des rédactions :
Encore une fois, la bague de Dati qui disparaît de la une du Figaro, sans même l’intervention de l’intéressée, la presse et les médias français qui ne parlent pas de la mise en scène des visites
de Sarkozy dans les usines (avec notamment le coup de l’estrade sur laquelle ne devaient se tenir que des gens plus petits que lui : il a fallu attendre que la TV belge en parle pour que les
français soient au courant)… Tout ça ne vous dit rien ?
4- Campagnes de diabolisation :
Mitterrand qui est un pédophile en puissance, Jean Sarkozy qui est un mauvais élève incompétent, la grippe A qui va provoquer la fin du monde, à moins que ce ne soit la grippe aviaire, le PS qui
est un parti pourri, dépassé, sans avenir… Tout ça ne vous dit rien ?
Les médias ont leurs têtes de turc. Ces têtes peuvent changer régulièrement, bien que certaines demeurent un choix de prédilection. Les médias organisent plus ou moins consciemment d’incessantes
campagnes médiatiques ou chacun est appelé à avoir un avis, et où il est conseillé de suivre l’avis dominant sous peine de passer au hachoir. Une démocratie aboutie ne peut se satisfaire d’un tel
emballement, d’une telle hémorragie, d’un tel rouleau compresseur médiatique, quelque soit la personne ou l’objet écrasé par ledit rouleau.
Les médias vous embobinent, se moquent de vous, insultent quotidiennement votre intelligence et votre discernement. Et vous, que faites-vous ? Sur la forme, vous vous dites « bien vrai, les
médias abusent parfois », mais sur le fond, tout le temps ou presque vous n’avez pas le temps d’y réfléchir. Normal, on ne vous laisse pas le temps d’y réfléchir. Le temps des médias n’est pas
celui des hommes, tout va trop vite : l’investigation laisse place aux copier-coller de dépêches AFP, l’analyse politique laisse place à « qui arrivera à faire dire la petite phrase qui tue à
Untel ? », bref, l’information et l’actualité laissent place à l’évènementiel, au sensationnel, au dévoiement du journalisme. C’est fort regrettable, car des citoyens bien informés sont la clé de
voûte d’une démocratie moderne. C’est pourquoi il faut saluer, même lorsqu’elles sont incomplètes, avortées, pas au niveau, les tentatives d’information honnête, d’analyse, de prise de recul,…
Bref, de VRAI journalisme. Et espérer qu’elles seront bientôt la règle générale…
DE LA PROPAGANDE POLITIQUE APPLIQUÉE
La propagande politique suit quelques règles de base. Jean-Marie Domenach en donne une grille d’analyse pertinente dans La Propagande politique. Il considère qu’elle se fonde sur les suppositions
suivantes :
1. la « simplification » et le choix d’un ennemi unique.
2. le « grossissement » et la « défiguration » des faits (pas de mensonge évident, juste une distorsion de la réalité dans le sens que l’on désire lui donner).
3. « l’orchestration » dans la répétition des thèmes principaux.
4. la « transfusion » qui recourt à des mythes préétablis et à des propensions collectives, enrôlés pour défendre le point de vue unique.
5. le « principe d’unanimité et de contagion » : l’intérêt de l’individu est de se plier à la volonté supposée du groupe, à la pression du conformisme ambiant, sous peine d’être jugé « divergent
».
Pour ma part, je reprendrais en grande partie cette typologie, en y amenant quelques nuances :
1. Simplification à outrance et caricature de l’ennemi désigné.
2. Déformation de la réalité et dissimulation/falsification des faits favorables à l’ennemi désigné.
3. Acharnement sur un ennemi unique (ou un nombre réduits d’ennemis) et répétition inlassable des mêmes thèmes.
4. Transfert/incarnation de présupposés idéologiques, mythiques et/ou historiques.
5. Unanimisation contrainte ou « effet moutonnier ».
EXEMPLES DE PROPAGANDE POLITIQUE
A/ L’exemple historique : la propagande nazie
Petit survol du cas de l’Allemagne nazie par le biais de cette grille d’analyse.
Les ennemis désignés sont : les Juifs, les Français (puis les communistes, les « Alliés »).
1. Simplification et caricature : les Juifs sont avides, cupides, corrompus, et ils veulent contrôler le monde entier – les Français sont médiocres et ils veulent envahir l’Allemagne… Deux
messages simples diffusés par le parti nazi et Hitler. Le nazisme s’incarne dans des symboles graphiques et plastiques clairs (croix gammée sur tous les drapeaux, insignes, emblèmes…),
identifiables par tous. Le régime veut se résumer en un seul slogan « Ein Volk, ein Reich, ein Führer [Un empire, un peuple, un guide] ». Si la simplification est à l’œuvre, la caricature l’est
tout autant, notamment à propos des Juifs, qui sont par exemple associées, via une métaphore abjecte, à des rats (dans le Juif Eternel notamment).
2. Déformation et dissimulation/falsification : le Juif est assimilé à un corps étranger au peuple allemand (peu importe au régime que certains soient là depuis des générations et des
générations), le français est décrit comme l’ennemi éternel de l’Allemagne… Les groupes d’individus sont considérés d’un seul bloc, sans laisser de place à la différenciation. L’Allemagne
hitlérienne est donnée victorieuse… jusqu’à ce qu’elle perde. Les autorités (d’un côté comme de l’autre d’ailleurs) avaient tout intérêt à cacher la vérité sur les succès ou les échecs militaires
(entre autres) afin d’assurer la cohésion du peuple. L’existence des camps de concentration resta également assez confidentielle, afin de ne pas créer de mouvement de panique et de peur : non, la
peur devait s’agréger ailleurs, sur les Juifs, les Français… car le peuple s’unit face à l’adversité.
3. Acharnement et répétition : le message est diffusé en continu, par tous les biais (discours, journaux, cinéma, etc.). Le régime produit des actualités filmées et partiales, des documentaires
présentant une réalité bien subjective, etc. Le but est bien d’assommer le peuple, d’endormir les consciences, de créer un effet de masse.
4. <!--[endif]-->Transfert/incarnation: les nazis ont vogué sur l’antisémitisme latent en Allemagne (tout comme dans de nombreux pays d’Europe, dont la France) au début du XXe siècle ; ils
ont fondé leur francophobie sur les deux guerres précédentes (1870 et 1914-18), etc. Le régime a également basé son imaginaire sur la « gloire » passée de l’Allemagne, afin de construire une
mémoire et un idéal collectifs.
5. <!--[endif]-->« Unanimisation » et « effet moutonnier » : Hitler avait lu avec attention Psychologie des foules (1895) de Gustave Le Bon. Il a réussi à créer un mouvement de masse,
notamment grâce au recours à de grandes « messes » nazies où il tenait des discours devant des milliers d’Allemands, en usant d’une rhétorique enthousiasmante où éclatait ses talents d’orateur.
L’unanimisation passait également par le cinéma de propagande. L’idée finale était d’éteindre toute possibilité pour quiconque d’exprimer un avis divergent de celui du régime, sous peine d’être
traité de « traître » et « d’ennemi du peuple », etc.
En s’y arrêtant un instant, on se demande : mais pourquoi, alors que tout semble aussi évident, personne n’a réagi plus tôt ? Et là demeure l’une des grandes questions de l’Histoire… La
propagande, même quand elle dit son nom (tous les régimes totalitaires possédaient une entité officielle, ministère, secrétariat d’État ou autre, chargé ouvertement de la « propagande »), reste
une contrainte insoutenable et un frein irrémédiable à la libre pensée, dont ne peuvent se défaire les peuples qu’en y opposant un mouvement de masse inverse, qui peut passer par une
contre-propagande audacieuse. Dans le cas de l’Allemagne nazie, la propagande du régime était au service d’objectifs insoutenables et destructeurs : hiérarchie des « races » ; déportation et
extermination des populations juives, tsiganes, homosexuelles, etc. ; invasion et occupation des pays frontaliers ; etc.
B/ L’exemple contemporain : « Bécassine » a fait l’ENA :
Dans un autre registre et sur un autre plan, revenons via la même grille d’analyse sur un cas plus contemporain, qui illustre à merveille cette propagande sournoise, qui n’ose dire son nom. Cette
propagande, inconsciente ou intentionnelle, nous la subissons quotidiennement ou presque.
L’ennemie désignée est : Ségolène
Royal.
1. Simplification et caricature :
S. Royal est incompétente, nulle, cruche, isolée, « people » voire folle et illuminée… Le but est de lui attribuer plusieurs défauts bien identifiées et supposés fondés, avec pour objectif
dernier de faire passer le message « elle n’a pas le costume pour assurer la plus haute responsabilité de l’État ». A y regarder de plus près, aucun des défauts qui sont mis en avant ne tiennent
la route :
<!--[endif]-->
De l’incompétente, nulle et cruche : S. Royal est licenciée de sciences économiques, diplômée de Science Po et de l’ENA, elle fut conseillère de François Mitterrand, ministre à trois reprises,
députée pendant une quinzaine d’années, elle est actuellement présidente de Région,… Elle a écrit 8 ouvrages, fait des conférences à travers le monde entier sur invitations de dirigeants et
d’organisations étrangères (Québec, États-Unis, Argentine, Italie, Allemagne, Grèce, etc.). Elle accéda, malgré les embûches, au second tour de l’élection présidentielle, etc.
De l’isolée : Pour une personne isolée, réunir 50% des voix du PS sur son nom, c’est plutôt un bel exploit. Pour une personne isolée, réunir un dimanche de septembre à Montpellier plus de 3000
personnes, c’est un bel exploit. Pour une personne isolée, réunir plus de 500 personnes et plusieurs experts reconnus à chacune de ses universités populaires participatives (huit ont déjà eu lieu
sur des thèmes divers, de la souffrance au travail à la crise économique, en passant par le bilan de la politique Obama ou les relations Europe-Afrique) c’est un bel exploit. Pour une personne
isolée, avoir près de 10.000 adhérents à son mouvement Désirs d’Avenir, qui est un simple think tank, c’est un bel exploit, etc.
De la « people » : S.Royal a déjà trainé en justice de nombreux magazines et journaux qui exposaient sa vie privée, en ayant à chaque fois gain de cause. On a connu des « peoples » moins remontés
contre les journaux people !
De la folle et « illuminée » : je donnerais deux exemples révélateurs du mensonge qui a été fait à propos de ses déclarations. Lorsque S. Royal a appelé à « rallumer tous les soleils» lors du
Congrès du PS en novembre 2008, elle citait en réalité Jaurès, ce qu’apparemment n’ont pas compris ceux qui l’ont ce jour là sifflé. Lorsque S. Royal en août 2008 lança « aimons-nous les uns les
autres » aux socialistes, elle faisait un clin d’œil au titre de l’album de Juliette Gréco de 2003 « Aimez-vous les uns les autres » (S. Royal est d’ailleurs une grande admiratrice de Juliette
Gréco, puisque en juillet 2005, en ouverture des Francofolies, elle en parlait en ces termes : « Elle incarne pour moi la grâce, l’intelligence, un art incomparable de servir des textes […]
»).
<!--[endif]-->
2. Déformation et dissimulation/falsification:
Déformation : « FRA-TER-NI-TE », « bravitude »,... Le but est ici, dans la lignée de la simplification, de démontrer par des faits biaisés que les défauts qu’on lui attribue sont bien réels. Or,
résumer un discours d’une heure par un mot, c’est biaiser la réalité, ce qui est encore plus vrai quand on résume en un mot un voyage diplomatique de 3 jours ; faire passer un néologisme pour une
bourde, c’est biaiser la réalité, surtout quand on le répète en boucle tandis qu’on n’a même pas évoqué celui de Sarkozy et son « héritation », un mot qui pour le coup n’existait pas du tout ! ;
faire de l’usage (dans un discours) du troisième mot de notre triptyque républicain une bévue, alors même que d’éminentes personnalités, telles Régis Debray, sortent des études à ce propos, c’est
biaiser la réalité. Le fait de donner DSK préféré des français pour représenter la Gauche en 2012 est un autre visage de cette déformation et de cet effacement des nuances, les journalistes
savent bien en effet que si l’on ne prend en compte que les seuls résultats des sympathisants de gauche (autrement dit ceux qui seront appelés à voter au sein des primaires), S. Royal se place en
tête. Mais ils NE PEUVENT PAS le dire, car cela irait à l’encontre du message qu’il rabâche depuis des années (seul Ruquier a eu le courage de le faire sur Europe 1 à propos d’une présentation
tendancieuse d’un sondage par Libération, or Ruquier n’est pas journaliste, alors qu’attendent les autres ?).
Dissimulation/falsification: « S. Royal n’est pas ambassadrice du PNUD » (alors même qu’elle n’a jamais utilisé le terme « ambassadrice » ! – la presse a ici exagéré une information pour pouvoir
ensuite la démentir en portant le discrédit sur S. Royal, à laquelle le PNUD a pourtant bien confié une mission), « seulement 200 personnes à son Université populaire sur Obama » (alors même
qu’il y avait plus de 600 personnes selon le pointage des services du théâtre et les journalistes vraiment présent sur place), aucun écho dans la presse de tous ces déplacements à l’étranger
depuis 2008 (conférence et discours à Harvard, au Québec, en Italie, à Athènes, à Berlin, etc.)… Le but est de confirmer les défauts qu’on lui attribue, notamment sa prétendue incompétence, en
oblitérant totalement les informations qui les démentent et en les dissimulant intentionnellement au grand public.
3. Acharnement et répétition :
« elle n’a même pas le niveau du bac », « c’est Bécassine », « qui va garder les enfants ? », « elle devrait se faire hospitaliser », « son programme c’est Voici », « elle a de sérieux troubles
psychologiques », « elle est nulle en économie et en affaires étrangères » et tant d’autres bon mots qu’on a pu entendre dans la bouche de nos dirigeants, responsables politiques, journaliste,
éditorialistes… Le but est de décliner sous diverses formes les défauts qu’on lui a attribués et de les répéter en boucle, dans tous les milieux (presse écrite, télé, cénacles journalistiques et
politiques, etc.). En les rabâchant, on tente de faire passer ces paroles pour des vérités objectives, sans même avoir à les justifier.
4. Transfert/incarnation :
« belle », « féminine », « mère », et donc forcément « incompétente », « cruche »… Tout comme pour Édith Cresson lorsqu’elle était premier ministre (et comme pour toute femme politique atteignant
un certain niveau de responsabilité), le but est ici de la discréditer en faisant appel chez certains (notamment parmi les personnes âgées) à des préjugés culturels et à un certain machisme
inconscient. L’idée fondamentale est donc : une politique féminine et avenante ne peut pas être compétente. Pour s’en départir, certaines femmes politiques ont fait le choix de miser sur un look
austère et rigoriste (Alliot-Marie, Aubry,… mais également Merkel, Thatcher, etc.). On tente d’incarner en S. Royal tout ce que les gens détestent chez une femme politique, soit une combinaison
de l’autoritarisme, de la beauté niaise et de l’opportunisme. Il ne viendrait à l’idée de personne de critiquer Martine Aubry ou Michèle Alliot-Marie pour leur «
autorité », mais celle de Ségolène Royal est jugée, quant à elle, mal à propos. Bien curieuse façon d’envisager la politique.
5. « Unanimisation » et « effet moutonnier » :
95% des journalistes, 99% de la classe politique vous disent que S. Royal est une « cruche », « nulle », etc. donc on ne vous demande même pas d’y réfléchir, il faut vous plier à cette vérité
puisque c’est celle qu’on vous assène. Toute personne esquissant un semblant de nuance à propos de cette vérité est brocardé, moqué, et tourné en dérision. Le but est clairement ici de « briser »
toute renaissance politique de cette femme politique en rappelant à chacun que, s’il ne soutient ne serait-ce qu’une seule de ses initiatives, c’est qu’il est un « fanatique » et qu’il devrait
avoir honte de ses opinions (comme si S. Royal était une sorte de Jean-Marie Le Pen avec un tailleur). On nous fait croire que la « masse » le pense, pour mieux nous contraindre à cette opinion
soit disant « dominante ». Car malheureusement, la nature humaine veut que, quand un groupe adopte un comportement, les plus sceptiques face à l’opinion véhiculée sont obligés d'adopter le même
comportement que la majorité supposée, pour ne pas paraître différents.
Ce qu’on reproche à S. Royal en réalité, en l’accusant de tous les maux, c’est sa liberté de ton et de parole, sa manière (trop ?) différente d’envisager la politique, la façon dont elle se
départie des « codes » et du conformisme. Mais on ne peut dire ouvertement ce dont on l’incrimine (autrement dit cette forme de subversion, d’indépendance, de différence) car cela tournerait à
son avantage. Alors on préfère mener une campagne médiatique de décrédibilisation, qui trouve fort heureusement ses limites, car nombre de nos concitoyens ne sont pas dupes.
EN GUISE DE CONCLUSION
La majorité des médias (par facilité, par manque de professionnalisme ou de déontologie, et parfois intentionnellement) ne jouent plus le rôle qu’ils devraient tenir afin d’élever la démocratie.
C’est ce procédé qui est condamnable, et non pas tel ou tel journaliste, tel ou tel organe de presse. Nous ne devons pas tirer à boulets rouges sur des particularités, mais bien remettre en cause
le système dans sa globalité. Il faut lutter contre cette dérive médiatique, par tous les moyens. Il existe des méthodes alternatives d’information, il est également possible, de plus en plus
souvent, d’aller chercher le renseignement ou l’actualité à la source (ce qui signifie lire, écouter, regarder sans passer par un pré-mâchage journalistique indigeste). Il ne s’agit pas de
démédiatiser la société, mais bien de parer à un traitement sournois et partial de l’actualité. Il ne s’agit pas de prôner le peuple contre les élites, mais bien d’offrir à chacun une information
libre, plurielle, voire contradictoire, qui se défasse de ses tentations propagandistes. Les citoyens et la démocratie le méritent
bien. E.R.
Ségolène Royal à Berlin, a appelé « à faire tomber tous les murs qui balafrent encore l’idéal de liberté. Que ce soient les rideaux de fer ou les barbelés idéologiques. »
Invitée d’honneur de l’Institute for Cultural Diplomacy pour le 20e anniversaire de la chute du mur, Ségolène Royal s’est exprimée dimanche soir pendant une heure devant le congrès de cet
institut, par lequel elle a été très applaudie.
Elle a tout d’abord évoqué la force de ces images que le monde entier a vécues : « des mains qui se tendent, des corps qui se serrent, des familles qui se retrouvent, des concerts improvisés ;
du grand Miroslav Rostropovitch jouant du violoncelle au milieu des gravats ; des groupes qui chantent, dansent, brandissent des drapeaux sur des morceaux de pierre tagués de graffitis, les coups
de marteaux qui faisaient tomber ce mur ; de tous ceux qui en mettaient un petit bout dans leur poche comme on emporte un bout d’histoire »…
Puis, elle a rappelé tous les ébranlements de l’année 1989 : « Oui, 1989 fut une année mémorable, qui vit le peuple allemand mettre à bas un mur de honte, l'URSS retirer ses troupes
d'Afghanistan, la Pologne élire un gouvernement non communiste, l'Afrique du Sud choisir Nelson Mandela pour abattre cet autre mur qu'était l'apartheid, Pinochet quitter enfin le pouvoir, le
Brésil organiser lui aussi ses premières élections libres depuis 30 ans, la Hongrie ouvrir sa frontière avec l'Autriche et changer de gouvernement, la « révolution de velours » triompher en
Tchécoslovaquie, les régimes bulgares et roumains être renversés. N'oublions pas qu'en Chine aussi, les étudiants et bien d'autres avec eux avaient fait leur cet idéal. Mais là-bas, 1989, ce fut
l'instauration de la loi martiale au Tibet et l'écrasement des démocrates de la Place Tien An Men, que nous n'oublierons jamais. Aujourd’hui, en 2009, le peuple iranien puise aussi son
inspiration de la leçon qui nous a été donnée par le peuple allemand de 1989. »
Ensuite, elle a dénoncé tous les murs qui balafrent l’idéal de liberté : « Oui, le mur de Berlin est tombé, ce mur qui balafrait l’Allemagne depuis Aout 1961.
Mais d’autres murs ont été érigés.
Le mur de plus de 700 kms de long entre Israël et la Palestine, la barrière électrifiée qui sépare depuis 1953 les deux Corées, celle que l’Inde a érigé à sa frontière avec le Bangladesh, le mur
qui sépare les États-Unis du Mexique, le mur de Chypre.
Il existe sur cette planète des dizaines de murs, physiques mais aussi socio-économiques, construits pour se protéger de l’autre, l’enfermer, l’encercler, le maintenir dans un ghetto, l’empêcher
de se déplacer.
Ces murs tomberont un jour comme est tombé le Mur de Berlin, par la force des peuples. »
Après avoir rappelé que la chute du mur avait trois dimensions historiques : la réunification de l’Allemagne, la fin de la guerre froide, et la réunification de l’Europe, elle a défendu une
nouvelle fois la nécessité d’avancer sur l’union politique de l’Europe en créant les Etats-Unis d’Europe qui tôt ou tard s’incarneront dans un leader élu par les peuples. C’était la belle utopie
de Victor Hugo. Elle devient aujourd’hui réalisable, a-t-elle plaidé.
Elle a terminé par ces mots, chaleureusement applaudis :
« Je voudrais terminer par une note plus personnelle. Lorsque j’étais enfant, je vivais en Lorraine, à l'est de la France. Entre la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, la
Lorraine était une région allemande. C'était une région dont l'histoire brassait également le sang, les pleurs et l'espoir. C'est dans cette région que j'ai entendu pour la première fois l'Hymne
à la Joie de Beethoven. Lorsque j’entends l’Hymne à la Joie de Beethoven, je ressens une immense allégresse. Cette œuvre fut composée par le grand musicien à l’un des pires moments de son
existence. Quasiment ruiné, atteint d’une surdité galopante, abandonné peu à peu par le public. Et pourtant, malgré toute cette adversité, jaillit de lui cette Neuvième Symphonie qui est
devenu l’hymne européen. Une musique et des paroles de Schiller qui disent la force du peuple, et sa fraternité.
Le chemin que je vous propose pour cette nouvelle étape de la construction européenne est à l’image de cette Hymne à la Joie, composé par Ludwig Von Beethoven. Une grande adversité,
transcendée par le courage et la force de la fraternité avec un seul et unique but « Pour que le cité future oublie le temps des pleurs » Ainsi se conclut l’Hymne à la Joie. Quel plus
beau programme politique que celui là !
Vielen dank für dieses schöne beispiel von freiheit und brüderlichkeit, dass die Deutschen ganz Europa und dem rest der welt, vor
zwanzig jahren geschenkt haben. Und wie es schon, am vorabend des neunten November gesagt wurde, möchte auch ich sagen : “wir sind alle Berliner ! und glücklich darüber !” Ségolène
Faites vos jeux pour la candidature socialiste en 2012! Faites vos jeux rien ne va plus!...Le parti
socialiste sait déjà quelle sera la physionomie future des primaires internes. Il pourrait y avoir plusieurs candidats mais peu de présidentiables en puissance. Fabius sait qu'en cas de
primaires il n'a aucune chance et semble avoir décider de se retirer de la course. Mais rien n'est impossible avec l'éternel candidat. Delanoë hésite encore à se prendre une rouste qui serait
définitive. Aubry tente le coup à fond mais avec en perspective la possibilité de s'effacer pour laisser place nette à...DSK! Et oui car voilà une candidature qui plairait à beaucoup de gens au sein du parti parce qu'elle aurait la bonne idée de s'opposer efficacement à celle de
Ségolène Royal.
Et tout l'enjeu pour le parti socialiste est là : Comment éviter une nouvelle investiture de Ségolène
Royal?
C'est pourquoi aux dernières nouvelles l'appareil du parti réfléchirait à repousser au maximum les
primaires pour empêcher
Ségolène Royal, si elle les perd, de se retourner et d'envisager une candidature hors parti. Cela permettrait aussi à DSK de profiter à fond de son rôle au FMI pour arriver
comme une fleur avec pourquoi pas la possibilité d'être nommé par le bureau national dans un bel élan collectif. L'objectif est qu'en 2011 la candidature
de DSK soit une évidence pour tout le monde à coup de matraquage sondagier qui le verrait comme le SEUL capable de
battre sarkozy en 2012. L'appareil du PS se plierait alors dans une belle unanimité à la volonté populaire et pourrait , pourquoi pas?, refuser d'organiser des primaires et
décréter l'union nationale autour de DSK. On peut rêver!
En tout cas l'obstacle à cette stratégie porte un nom : Ségolène Royal. Alors il faut réfléchir à comment faire pour l'éliminer. Si on
organise franchement des primaires il est très possible qu'elle les gagne ! Inadmissible pour la direction en place qui ne poursuit qu'un but depuis sa victoire usurpée en 2008, avec peut-être
l'aide de Sarkozy, éliminer du jeu Ségolène Royal.
On va lui mener la vie dure pour les élections régionales. Gageons qu'elle aura toutes les peines du monde à rassembler autour d'elle et
qu'on ne lui fera pas de cadeau. Il faut l'affaiblir au maximum. Mais pour l'instant toutes les stratégies ont échoué car son socle de popularité est encore solide.
Comment faire pour éviter Ségolène Royal en 2012 semble donc être la stratégie du PS et de la sarkozie. Lorsque l'on sait la manipulation des sondages par le pouvoir
sarkozyste on peut s'attendre à un matraquage sur le seul nom
de DSK au PS. Cela va nous rappeler la campagne 2007 où le seul capable de battre sarkozy était Bayrou! Bayrou! Bayrou! C'était matraqué avec tellement de convictions par la sarkozie
que l'on ne s'étonne pas de son bon score au final. Par contre on peut être surpris de la bonne tenue de la candidate socialiste qui a fait un très bon score, bien que certains socialistes
aient voté Bayrou...
Ségolène Royal doit avoir les épaules solides. Son chemin vers la victoire ne sera pas pavé de roses et on fera tout pour l'en dissuader. Mais
elle pourra compter sur le peuple citoyen pour faire gagner la France.